Carlos Ghosn lors de son procès au Japon en avril 2019

Carlos Ghosn : des parlementaires plaident pour son rapatriement et son procès en France

 

Des parlementaires, majoritairement de droite et du centre, plaident pour que Carlos Ghosn, l’ancien patron déchu de Renault-Nissan, soit rapatrié et jugé en France. Ils estiment que depuis le début de l’affaire, le Japon a violé à plusieurs reprises les traités internationaux sur les droits de l’Homme.

Carlos Ghosn a droit à un procès équitable

Une vingtaine de parlementaires, majoritairement de droite et du centre, ont signé une tribune dans le Journal du Dimanche, dans laquelle ils plaident pour que Carlos Ghosn soit rapatrié et jugé en France. Parmi eux figurent le nouveau président LR et député de Seine-et-Marne Christian Jacob, le sénateur de la Meuse Gérard Longuet, le député de Seine-Saint-Denis et président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, ainsi que le sénateur de Vendée Bruno Retailleau. Anne Genetet, députée LREM des Français établis hors de France, est la seule représentante du parti présidentiel.

« Nous demandons à l’État français de mettre tout en œuvre afin que Carlos Ghosn soit rapatrié en France pour y être jugé dans le cadre d’un procès équitable », écrivent les parlementaires. Selon eux,  « Carlos Ghosn n’est ni au-dessus des lois, ni redevable d’une justice d’exception, mais il a droit à la justice. Or, depuis le début de l’affaire, les traités internationaux sur les droits de l’Homme que le Japon, pays membre du G7 a ratifié, ont été violés à plusieurs reprises ».

« Il n’y aura eu dans cette affaire que des vaincus »

Les signataires dénoncent « la longueur et la brutalité » de la détention de Carlos Ghosn, doublées d’un « acharnement judiciaire évident dans un pays où l’aveu est au cœur du système pénal et 99,4 % des inculpés sont condamnés ».  A leurs yeux, « il ne fait désormais plus de doute que ce qui se joue est avant tout l’épisode d’une guerre économique, qui vise, par tous les moyens, à se défaire de la tutelle française sur Nissan. En effet, la feuille de route de Carlos Ghosn avant son retrait des affaires était connue depuis le début de l’année 2018 : il s’agissait de procéder à davantage d’intégration entre les constructeurs, ce dont les Japonais ne voulaient pas ». Aussi, « La manière dont ce refus s’est incarné a tout d’une stratégie à la Gribouille puisque, au bout du compte, il n’y aura eu dans cette affaire que des vaincus ainsi que l’attestent la chute des résultats et la perte de valeur des deux entreprises de plusieurs milliards d’euros », signalent-ils.

Son procès prévu en avril 2020 au Japon

Arrêté le 19 novembre 2018 au Japon, Carlos Ghosn est notamment accusé d’avoir fourni des déclarations inexactes de ses revenus entre 2010 et 2018 et d’avoir fait couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008. L’ancien PDG de Renault a passé 130 jours en détention à Tokyo avant d’être incarcéré pendant trois semaines supplémentaires. Il a été libéré sous caution le 25 avril, mais est soumis à un contrôle judiciaire très strict. La première audience publique de son procès devrait avoir lieu en avril 2020 au Japon.

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