SpaceX rachète Cursor

L’entreprise spatiale, également engagée dans le secteur de l’intelligence artificielle, s’apprête à conclure la plus importante acquisition jamais réalisée dans le domaine des outils d’IA destinés aux développeurs.

La fusée n’a pas tardé à décoller. À peine quatre jours après son entrée au Nasdaq, dans le cadre de la plus importante introduction en Bourse de l’histoire, SpaceX a conclu, selon des documents révélés mardi 16 juin, un accord définitif de fusion en actions pour acquérir Anysphere.

Ce nom reste encore peu connu du grand public, mais la société est à l’origine de l’un des outils d’intelligence artificielle les plus prometteurs du moment : Cursor.

Lancée en 2022 par Michael Truell et trois camarades du MIT, la plateforme a contribué à populariser le « vibe coding », une approche dans laquelle des outils d’IA génèrent du code de manière quasi autonome.

Depuis, la trajectoire d’Anysphere s’est révélée spectaculaire. Valorisée 400 millions de dollars lors de sa série A en novembre 2024, elle atteint 2,5 milliards quatre mois plus tard, avant de culminer à 29,3 milliards lors de sa série D en novembre 2025.

Une ascension fulgurante portée par l’effet réseau

En 2026, le nombre d’utilisateurs payants dépasse le million, dont plus de la moitié des entreprises du Fortune 500, pour un revenu récurrent annualisé supérieur à 2 milliards de dollars, la croissance la plus rapide jamais observée de zéro à ce niveau dans le logiciel B2B, selon Bloomberg.

Ce qui distingue Cursor de ses concurrents — Devin, Windsurf et autres — tient notamment à la qualité de son équipe fondatrice, largement saluée dans l’industrie, ainsi qu’à sa capacité à devancer des rivaux pourtant très bien financés.

L’entreprise avait d’ailleurs décliné, en 2025, une offre de rachat émanant d’OpenAI, un précédent qui rend d’autant plus notable sa décision d’accepter aujourd’hui une opération avec Elon Musk, valorisée à 60 milliards de dollars en actions.

Ce revirement s’explique, selon BFM Business, par un calcul stratégique : l’accès à une puissance de calcul suffisante pour entraîner les prochaines générations de modèles est devenu un enjeu central dans l’industrie de l’IA.

Une riposte à la domination d’Anthropic et d’OpenAI

Sur ce terrain, Elon Musk dispose d’un avantage majeur avec Colossus, un immense centre de données situé en périphérie de Memphis, équipé de 230 000 puces spécialisées et appelé à en accueillir jusqu’à un million.

Pour Cursor — qui s’appuyait jusqu’ici sur des modèles tiers, notamment ceux d’Anthropic comme Claude ou Opus — rejoindre l’écosystème de SpaceX garantit un accès privilégié à cette infrastructure, essentielle pour poursuivre le développement de ses propres technologies.

L’objectif de cette acquisition est de doter SpaceXAI — entité issue du rapprochement entre l’entreprise aérospatiale et xAI depuis février — d’un agent de codage capable de rivaliser avec les solutions d’Anthropic (Claude Code), d’OpenAI (Codex), de Microsoft (GitHub Copilot) ou encore de Google (Jules).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.