Les pétroliers américains dans le collimateur de Trump

Le locataire de la Maison Blanche a publiquement fustigé les bénéfices records engrangés par ExxonMobil et Chevron entre autres, accusant ces groupes de profiter des tensions au Moyen‑Orient au détriment des consommateurs.

Celle‑là, les accusés ne l’ont sans doute pas vue venir. Dans une intervention qualifiée de « très tendue » par les commentateurs de Fox News, Donald Trump s’est attaqué frontalement aux géants pétroliers, leur reprochant d’avoir engrangé des profits jugés excessifs sur fond de tensions au Moyen‑Orient.

« Quand vous regardez une entreprise qui a gagné douze fois plus que l’année précédente, elle devrait en rendre une partie au public. Et ils feraient mieux de baisser le prix au détail, le prix pour le consommateur », a déclaré le président américain aux journalistes dans le Bureau ovale, lundi 3 août.

« Vous êtes surpris que je le dise. Je vais le dire haut et fort. Je ne suis pas content », a ajouté celui qui est pourtant réputé proche de l’industrie pétrolière et ardent défenseur de la libre‑entreprise, comme le rappelle le Wall Street Journal (WSJ).

Des profits qui explosent en pleine crise énergétique

Les résultats publiés vendredi par ExxonMobil et Chevron pour le deuxième trimestre ont de quoi réjouir n’importe quel conseil d’administration. Le premier a vu son bénéfice net plus que doubler sur un an, pour atteindre 14,5 milliards de dollars, tandis que le second a dégagé 12,1 milliards, soit cinq fois plus qu’un an auparavant.

Cette flambée des profits intervient alors que la hausse des prix de l’énergie constitue l’un des principaux moteurs de l’inflation aux États‑Unis depuis le début de l’année. Le prix de l’essence a bondi de près de 37% depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran.

L’épisode ravive surtout le souvenir d’une promesse de campagne non tenue. en 2024, Donald Trump s’était en effet engagé à ramener le gallon d’essence sous la barre des 2 dollars.

Un débat idéologique au sein même du camp présidentiel

Cette sortie présidentielle met également en lumière une ligne de fracture déjà relevée par plusieurs observateurs au sein de l’administration. D’un côté, un courant plus interventionniste, associé au vice‑président JD Vance et à une vision dite « gouvernementale », qui assume un rôle accru de l’État dans l’économie au nom de l’intérêt général.

De l’autre, les partisans d’un marché plus libre, incarnés par le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le secrétaire d’État Marco Rubio, soucieux de préserver une approche pro‑business classique.

Reste que cette pression politique ne devrait pas, à elle seule, bouleverser la situation. Les compagnies pétrolières ne fixent pas directement les prix à la pompe, et selon des sources citées par le Wall Street Journal, elles auraient l’intention de faire le dos rond en attendant que la tempête médiatique retombe.

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