L’Oracle d’Omaha cède la place à son fils, Howard Buffett, familier du conseil d’administration du groupe, malgré un profil atypique de fermier.
« Le temps finit toujours par avoir le dernier mot. » C’est par ces mots que Warren Buffett a annoncé, vendredi 18 septembre 2026, dans une lettre adressée au conseil d’administration de Berkshire Hathaway, son départ de la présidence après six décennies en poste.
Une période dont il se dit privilégié d’avoir été témoin, tout en lui ayant permis de voir ce conglomérat « atteindre un stade où il est plus confiant que jamais quant à l’avenir ». « L’entreprise est entre d’excellentes mains et je me réjouis de rester actionnaire à vos côtés », écrit celui qui devient président émérite.
Cette décision marque un nouvel étape du retrait progressif de l’homme, désormais âgé de 96 ans, de l’empire dont il a pris le contrôle en 1965, à 34 ans. L’an dernier, le serial investisseur avait déjà annoncé renoncer à son rôle de directeur général, désormais occupé par Greg Abel.
Pour ce nouveau passage de relais, l’heureux élu n’est autre que Howard Buffett, le deuxième de ses trois enfants.
Un successeur à l’épreuve du marché
Âgé de 71 ans, le nouveau président du conseil d’administration de Berkshire est moins connu pour son implication dans la haute finance. Très engagé dans la philanthropie à travers sa fondation, il a travaillé comme responsable des relations avec les investisseurs dans une entreprise alimentaire.
À la tête d’une ferme basée dans l’Illinois, Howard est également photographe. Ce parcours plutôt atypique n’est cependant pas de nature à inquiéter son père outre mesure. Pour cause, il est bien connu des actionnaires de la société, qu’il côtoie depuis 33 ans.
Il a en effet siégé aux conseils d’administration de Coca-Cola et de Conagra, ce qui lui confère une solide expérience en matière de gouvernance d’entreprise. « C’est un apprentissage plus long que celui que j’ai suivi avant de prendre les rênes de l’entreprise », estime Warren Buffett.
« Greg dirige l’entreprise ; Howard en préservera la culture et les valeurs, deux atouts qui valent davantage que tout ce qui figure à notre bilan », vante-t-il au sujet de cette succession, qui ne manquera pas d’être mise à l’épreuve par les marchés.
Un patriarche toujours dans les coulisses
« Ils ont eu de nombreuses occasions de travailler ensemble. Ils se connaissent également depuis très longtemps », abonde Alex Rajbhandari, journaliste qui suit l’entreprise pour Bloomberg News.
Greg Abel, lui, est en tout cas resté dans les clous jusqu’ici, à la satisfaction des investisseurs. « Lorsque j’étais à Omaha pour l’assemblée générale annuelle en mai, les personnes présentes étaient très satisfaites de ses performances. Il a présenté une revue très complète des activités de Berkshire Hathaway. Il réalise des opérations de plusieurs milliards de dollars », affirme Alex Rajbhandari.
Quoi qu’il en soit, Warren Buffett ne resterait pas très loin. Il demeure impliqué dans les grands accords conclus par Berkshire, à l’image de l’investissement réalisé dans Alphabet, la maison mère de Google, plus tôt cette année.
