Bill Ackman préfère le marché à la charité

Le serial investisseur américain défend l’idée d’un capitalisme bien plus impactant pour la société que la philanthropie.

C’est une affirmation qui ne manquera pas d’en faire frémir plus d’un. Selon Bill Ackman, il n’y a rien de plus bénéfique pour la société que l’esprit d’entreprise. « J’ai consacré pas mal de temps à la philanthropie, et elle est bien moins efficace pour résoudre les problèmes que le capitalisme », a déclaré l’homme d’affaires dans un entretien accordé, le 7 août dernier, au magazine Fortune.

Le patron du fonds spéculatif Pershing Square Capital Management (PSCM), connu pour avoir engagé plus de 900 millions de dollars — à travers le véhicule philanthropique Pershing Square Foundation — au profit de causes caritatives dans le monde, met en avant la création de richesses susceptible de découler des initiatives commerciales.

« On crée bien plus d’emplois grâce au capitalisme qu’à travers la philanthropie », ajoute l’investisseur activiste, tout en revendiquant son expertise dans ce domaine, notamment sur « ce qui y fonctionne et ce qui n’y fonctionne pas ».

La pression du marché comme levier d’efficacité

Il estime notamment qu’aussi noble soit son objectif, une organisation caritative peut se perdre dans les méandres administratifs et, de fait, s’éloigner de sa vision d’origine. Par ailleurs, la pression liée à la performance, inhérente au monde de l’entreprise, en fait, selon lui, un outil plus impactant.

Ce positionnement rejoint celui d’un autre célèbre homme d’affaires américain, Jeff Bezos. « Si je fais correctement mon travail, la valeur pour la société et la civilisation créée par mes entreprises à but lucratif sera bien, bien supérieure au bien que je fais par mes dons caritatifs », déclarait en effet ce dernier en mai dernier, dans un entretien accordé à CNBC.

Pas de quoi jeter les initiatives philanthropiques aux orties pour autant, car elles peuvent s’avérer selon lui, bien plus utiles sur certains aspects. « Il y a des choses que l’on peut accomplir en tant qu’organisation à but non lucratif, comme recruter certaines personnes ou s’associer à des institutions qui ne travailleront qu’avec des organisations à but non lucratif, et qui seraient plus difficiles à réaliser dans une structure à but lucratif », concède-t-il.

Un institut financé par les dons, pensé comme une entreprise

C’est précisément à ce niveau qu’intervient l’une de ses récentes initiatives : le Brain Research Rehabilitation Institute. Présenté comme un projet de recherche médicale sur le cerveau, créé après la récente hémorragie cérébrale de sa fille, il repose sur un modèle hybride.

Les dons sont ainsi recueillis, dans un premier temps, pour financer les recherches. L’initiative se transforme ensuite en entreprise commerciale en cas de découverte prometteuse. Cette nouvelle entité génère alors des parts pour les chercheurs.

L’idée, bien qu’intéressante, est cependant potentiellement source de controverses, car d’aucuns pourraient y voir une manière de détourner la philanthropie. Par ailleurs, quid des dégâts — licenciements, pression sur les salariés, entre autres — que les initiatives entrepreneuriales peuvent potentiellement causer à la société ?

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