Martin Rolfe est sur la sellette après la vaste paralysie du trafic aérien enregistrée cette semaine au Royaume-Uni, à la suite d’une panne dont l’origine exacte reste à déterminer.
Martin Rolfe pourrait-il perdre son poste à la tête du National Air Traffic Services (NATS), l’organisme britannique de contrôle aérien ? Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair, ne réclame rien de moins, au regard de sa gestion.
Le point de crispation concerne la panne enregistrée les 8 et 9 septembre par le NATS, qui a entraîné plus de 2 000 annulations de vols. Alors que le gouvernement exige des réponses dans un délai d’une semaine concernant l’incident, ses causes restent entourées de confusion.
Le patron de Ryanair affirme en effet que le contrôleur aérien lui aurait indiqué que le problème provenait d’un plan de vol défectueux, comme en 2023, lorsque deux points de navigation distincts portaient accidentellement le même nom dans un plan de vol.
Or, Martin Rolfe a soutenu le contraire sur BBC Radio, mercredi 9 septembre. Il a notamment évoqué « quelque chose de différent », tout en écartant la piste d’une cyberattaque. Autant dire qu’il existe désormais deux versions émanant de la même source.
« Il ment pour sauver son poste »
Pour Michael O’Leary, cela relève d’une stratégie de Martin Rolfe pour se sortir d’affaire. « Il ment pour sauver son poste », a accusé le dirigeant de la compagnie aérienne, connu pour son franc-parler, souvent très cash.
Il rappelle que le directeur du NATS avait juré devant les parlementaires, en 2023, qu’un tel incident ne se reproduirait plus. « Pourtant, il y a eu une panne en 2025 et une autre en 2026. Il avait également déclaré au Parlement que le NATS disposerait d’un système de secours efficace. Où est ce système de secours ? », s’interroge-t-il.
Le PDG de Ryanair appelle à limoger « cet homme », qui « touche un salaire de base de 500 000 livres sterling et une prime annuelle de près de 900 000 livres pour fournir le pire service de contrôle aérien d’Europe ».
Une nouvelle bataille judiciaire se profile
Sa diatribe n’épargne pas le gouvernement, en particulier la ministre des Transports, Heidi Alexander, qu’il accuse d’avoir convoqué Martin Rolfe « pour prendre le thé, probablement avec des biscuits au chocolat, et lui avoir demandé de rédiger un rapport sur sa propre erreur ».
« Pourquoi rédige-t-il lui-même son propre rapport ? Pourquoi laisserait-on un étudiant en échec corriger ses propres copies d’examen ? Le système britannique de contrôle aérien s’est effondré trois fois au cours des trois dernières années. Il n’y a eu aucune panne des mêmes systèmes en Espagne, en France, en Allemagne, en Irlande ou ailleurs en Europe. Et pourtant, ce type est toujours à son poste », cingle encore Michael O’Leary.
Le dirigeant, engagé dans une procédure judiciaire avec le NATS — à qui il réclame plus de 7 millions de livres sterling pour l’incident de 2023 — compte alourdir le dossier avec cette nouvelle panne. « Nous cherchons à faire en sorte que ce système ne tombe plus en panne. Et s’il tombe à nouveau en panne, il doit y avoir un système de secours », explique-t-il.
