BCE : la guerre des trônes a commencé

L’hypothèse d’un départ anticipé de Christine Lagarde de la direction, aiguise les appétits au sein de l’Union pour la Banque centrale européenne.

C’est l’heure des tractations et des manœuvres diplomatiques dans les chancelleries occidentales, avec pour cible : la Banque centrale européenne (BCE). Pour cause, sa présidente, Christine Lagarde, pourrait quitter ses fonctions avant l’échéance officielle de son mandat fixée à octobre 2027, selon une révélation du Financial Times (FT) en février.

Un choix dont la paternité revient à l’intéressée d’après les confidences recueillies par Le Monde au siège l’institution à Berlin, mais que celle-ci se refuse pour l’heure de confirmer ou d’infirmer.

« La présidente Lagarde est complètement concentrée sur sa mission et n’a pas pris de décision à propos de la fin de son mandat », a réagi la Banque dans un communiqué après les révélations du FT. Une réponse laconique qui veut à la fois tout dire et rien en même temps.

Surtout, cela correspond au personnage de Lagarde habituée à avancer masquée pour enfin apparaître là où on l’attend le moins. En 2019 déjà, sa désignation à la tête de la BCE avait pris de court nombre d’observateurs, rappelle Le Monde.

La France hors course

Le quotidien français insiste ainsi sur le fait que rien n’est acté, même si un départ anticipé de l’ancienne patronne du FMI permettrait au président Emmanuel Macron de peser sur le choix de son successeur, avant de rendre lui aussi le tablier au terme de son second et dernier mandat.

Reste que la nationalité du prochain président de l’institution de Francfort semble à ce niveau plus déterminant que son profil, en raison d’une règle tacite selon laquelle les quatre grandes puissances — France, Allemagne, Espagne et Italie — se répartissent les six sièges du directoire.

Paris apparaît ainsi hors course pour la présidence, pour y avoir hissé de représentants – Jean-Claude Trichet, de 2003 à 2011, et Christine Lagarde, depuis 2019 – au cours des 20 dernières années. « Cela donne du poids à des candidatures venant d’Espagne ou d’Allemagne », confie le gouverneur d’une banque centrale d’un “petit” pays, cité par Le Monde.

Trois prétendants en lice

Selon le journal, trois noms se détachent : Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banco de España ; Joachim Nagel, président de la Bundesbank, qui a récemment créé la surprise en se déclarant favorable aux Eurobonds, un revirement doctrinal significatif pour un banquier allemand, perçu par certains comme un geste tactique envers les pays francophones ; et enfin Klaas Knot, ex-gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas.

Pour Christine Lagarde, l’avenir pourrait la mener en Suisse. Le Monde évoque des discussions en cours pour qu’elle prenne la tête du Forum économique mondial de Davos, actuellement dirigé par deux coprésidents intérimaires depuis la démission de son fondateur historique, Klaus Schwab, en avril dernier.

Le profil de Lagarde — multilinguisme, réseaux mondiaux, stature internationale — en ferait une candidate naturelle pour reprendre les rênes du rendez-vous annuel de l’élite économique et politique mondiale.

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