Les mains de Linkerbot, leader mondial des mains robotiques

La startup pékinoise veut doubler sa valorisation à peine une semaine après avoir bouclé un précédent tour de financement à trois milliards de dollars.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Linkerbot n’attend pas. Quelques jours à peine après avoir bouclé un tour de financement de série B+ — avec la participation d’investisseurs institutionnels de premier plan, dont le fonds Zhongguancun Science Park soutenu par l’État chinois, Bank of China Asset Management et Fosun Capital —, l’entreprise chinoise spécialisée dans les mains robotiques prépare déjà une nouvelle levée destinée à la valoriser 6 milliards de dollars, soit le double de sa valorisation actuelle.

La jeune pousse n’a toutefois pas précisé si cette opération passerait par un nouveau tour privé ou par une introduction en Bourse. Cette montée en puissance financière vise à soutenir des objectifs industriels très ambitieux.

« Notre objectif global est d’atteindre un million de paires de mains robotiques le plus rapidement possible », explique son directeur général, Alex Zhou. Pour une société qui ne produit pour l’instant qu’environ 5 000 unités par mois, le saut d’échelle serait considérable.

Elle peut cependant compter sur une liste d’investisseurs comprenant notamment Ant Group, la branche financière d’Alibaba, ainsi que HongShan Group, le spin‑off chinois de Sequoia Capital.

La dextérité artisanale comme différenciatrice stratégique

Un tel soutien reflète la confiance dans le savoir‑faire d’une entreprise fondée il y a seulement deux ans. Là où la plupart de ses concurrents se concentrent sur des usages domestiques — nettoyage, ramassage d’objets, pliage de vêtements —, Linkerbot a choisi une tout autre trajectoire.

La société mise sur ce que son PDG appelle les « dexterous crafts », c’est‑à‑dire les compétences d’artisans hautement qualifiés. Cette vision se matérialise dans une plateforme technologique, LinkerSkillNet, qui a déjà capturé plus de 500 gestes de dextérité issus du monde réel et les a transformés en actions standardisées et réutilisables pour ses produits.

Les performances actuelles de ses mains robotiques illustrent cette orientation. Elles peuvent visser rapidement, saisir des objets mous sans les abîmer, enfiler une aiguille avec précision ou encore effectuer des tâches d’usine extrêmement minutieuses.

Autant de capacités qui ouvrent des perspectives dans des secteurs industriels à forte valeur ajoutée, bien au‑delà du robot ménager grand public.

Un modèle économique qui contourne le coût des humanoïdes

« Nous ne fabriquons pas seulement des mains. Notre objectif est de reproduire l’ensemble des compétences de dextérité humaine dans notre matériel », insiste Zhou auprès de Reuters.

Le positionnement de Linkerbot repose aussi sur une logique économique pragmatique. Face au coût très élevé des robots humanoïdes complets, la startup rappelle que ses mains n’ont pas besoin d’être reliées à une tête et un corps pour être utiles.

Elles peuvent simplement être montées sur des bras robotiques standards déjà présents dans les usines, ce qui limite l’investissement nécessaire et facilite l’adoption. L’engouement des investisseurs pour la robotique humanoïde chinoise s’est d’ailleurs nettement accéléré cette année, stimulé par les démonstrations spectaculaires de champions du secteur comme Unitree.

Ce dernier a marqué les esprits avec une performance télévisée très médiatisée et un semi‑marathon de robots humanoïdes organisé à Pékin le mois dernier, avant de déposer une demande d’introduction en Bourse à Shanghai en mars, visant une valorisation pouvant atteindre 7 milliards de dollars.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.