Espagne : le fondateur de Mango assassiné par son fils ?

Jonathan Andic, vice-président du groupe de mode, a été placé sous contrôle judiciaire dans l’enquête sur la chute mortelle de son père Isaac en décembre 2024. Le juge pointe des incohérences dans son récit et un mobile financier.

Et si la mort d’Isaac Andic, fondateur de Mango, n’était finalement pas accidentelle ? C’est en tout cas l’hypothèse privilégiée par la juge Raquel Nieto Galvan. Celle-ci évoque des incohérences et un faisceau d’indices pointant vers son fils, Jonathan Andic.

Initialement seul témoin du décès de son père en décembre 2024, près de Barcelone, à la suite d’une chute lors d’une randonnée, ce dernier est désormais considéré comme le principal suspect dans cette affaire. Selon la magistrate, l’enquête met en évidence plusieurs contradictions majeures dans le récit qu’il a fourni aux enquêteurs.

Lors de son premier appel aux services d’urgence, le vice-président de Mango évoquait une chute de 100 mètres, un chiffre ensuite révisé à 150 mètres dans ses déclarations ultérieures.

Plus troublant encore, les auditions successives ont révélé des divergences dans la description précise des faits, que la juge estime incompatibles avec la thèse d’un simple accident.

Des éléments accablants

Un point technique a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. En mars 2025, soit trois mois après les faits, Jonathan Andic a remplacé son téléphone portable et supprimé l’ensemble des données de l’ancien appareil.

Interrogé à ce sujet, l’homme d’affaires a affirmé que son téléphone lui avait été volé lors d’un séjour de trois jours en Équateur. Une explication jugée peu crédible par la juge d’instruction, qui y voit un élément potentiellement incriminant, selon France 24.

L’enquête a également mis en lumière ce que la magistrate qualifie de « mobile économique » possible. D’après les éléments du dossier, Isaac Andic avait évoqué peu avant sa mort son intention de créer une fondation à laquelle il souhaitait léguer une part importante de sa fortune. Une perspective qui aurait pu générer des tensions familiales.

L’analyse des échanges WhatsApp du suspect a par ailleurs révélé ce que le juge décrit comme une « obsession pour l’argent ». La fortune personnelle d’Isaac Andic était estimée à 4,5 milliards de dollars par le magazine Forbes, issue d’un empire de la mode comptant près de 3 000 boutiques dans 120 pays.

Une mise en examen

Cette succession considérable doit être partagée entre au moins trois héritiers, ce qui confère à cette affaire des enjeux majeurs pour l’avenir de la famille Andic. Par ailleurs, les conclusions de l’autopsie fragilisent la thèse de l’accident.

Selon William Galibert, journaliste à RTL, « certaines traces auraient dû apparaître sur le corps si Isaac Andic avait réellement chuté. Or, elles sont absentes, comme s’il avait été poussé ».

Ces éléments ont conduit à la mise en examen de Jonathan Andic, ce mardi 19 mai. Interpellé en Catalogne, menotté puis entendu par les enquêteurs, l’homme de 45 ans a vu son passeport confisqué et a dû verser une caution d’un million d’euros pour être remis en liberté.

« Il n’existe aucune preuve valable contre lui, et il n’en sera trouvé aucune », a déclaré la famille dans un communiqué à l’issue de l’audience. Pour ses proches, la thèse de l’homicide est « douloureuse » et « stigmatise un homme innocent ». « Le véritable processus commence maintenant, et la vérité, ainsi que son innocence, finiront par être établies », conclut le texte.

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