SK Group, un divorce à 640 millions de dollars qui inquiète les marchés

Chey Tae-won a été condamné à verser 640 millions de dollars à son ex-épouse, Roh Soh-yeong, dans le cadre de leur divorce. De quoi préserver le contrôle de l’homme d’affaires sur SK Hynix, le géant des puces mémoire en plein essor ?

 

Le feuilleton judiciaire qui oppose depuis près d’une décennie le président du conglomérat sud-coréen SK Group, Chey Tae-won, à son ex-épouse Roh Soh-yeong, a connu vendredi 24 juillet 2026 un nouveau rebondissement.

 

Le magnat sud-coréen de la tech a en effet été sommé par la Haute Cour de Séoul de verser 640 millions de dollars à son ex-femme. Un montant nettement inférieur à celui retenu lors du précédent jugement, qui avoisinait les 941 millions de dollars.

 

Un revers pour Tae-won, qui réclamait la moitié de la fortune de Roh Soh-yeong, désormais estimée à cinq milliards de dollars par Forbes, un patrimoine qui a doublé depuis l’an dernier, grâce notamment au boom de l’intelligence artificielle.

 

Principal actionnaire de SK Inc., qui détient 32% de SK Square, premier actionnaire du fabricant de puces, l’homme de 65 ans a vu la valeur de SK Hynix être multipliée par dix depuis 2025, portée par une demande exponentielle en puces mémoire. De quoi nourrir les ambitions de son ex-épouse ?

 

Un conglomérat sous contrôle ?

 

Le cœur du litige portait sur trois questions distinctes : l’intégration ou non des actions SK détenues personnellement par Chey Tae-won dans la masse partageable, l’inclusion des donations qu’il avait effectuées avant la procédure à des membres de sa famille et à diverses fondations, et enfin la question dite de la « prestation d’origine illicite », liée à des fonds controversés transmis par le père de Roh Soh-yeong, Roh Tae-woo.

 

Sur ce dernier point, les 30 milliards de wons provenant de l’ancien président Roh Tae-woo, longtemps contestés par le camp Chey, ont bien été considérés comme reçus par ce dernier. Ils ont toutefois été exclus du calcul du taux de contribution de Roh Soh-yeong à la fortune du couple.

 

« Cela n’affectera probablement pas le contrôle de gestion de SK Group », estime Park Ju-gun, directeur de la société d’analyse d’entreprises Leaders Index, à propos des 640 millions de dollars, dans les colonnes de Reuters.

 

Vers un nouveau pourvoi en cassation ?

 

Chey Tae-won pourrait encore devoir vendre des actions de filiales de SK Group ou les utiliser comme garantie pour réunir les fonds nécessaires au paiement, selon des gestionnaires interrogés par l’agence de presse.

Le jugement prévoit par ailleurs des intérêts de retard de 5% par an, calculés à partir du quatorzième jour suivant la notification de la décision, si aucune des deux parties ne se pourvoit en cassation.

Une charge qui, compte tenu du montant en jeu, représenterait environ 1,3 à 1,4 milliard de wons par jour de retard, soit près de 40 milliards de wons par mois. Un nouveau recours n’est toutefois pas à exclure.

Le camp Chey Tae-won pourrait continuer de plaider que les actions SK constituent un bien propre, échappant en principe au partage, tandis que Roh Soh-yeong pourrait réclamer un taux de contribution porté à 50%, ainsi que la réintégration dans le calcul des donations faites par Chey Tae-won à des proches et à des fondations avant l’introduction de la procédure de divorce.

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