Un paysage en Australie.

Rio Tinto : le patron français du géant minier poussé à la démission après le dynamitage d’un site aborigène

 

Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a annoncé, vendredi, le départ de son directeur général, le Français Jean-Sébastien Jacques, et celui de deux autres cadres dirigeants. Une décision pour apaiser la colère des actionnaires suite au dynamitage de sites aborigènes en Australie en mai dernier.

L’entreprise minière anglo-australienne Rio Tinto a annoncé, le vendredi 11 septembre, le départ de son directeur général Jean-Sébastien Jacques, quelques mois après la destruction de deux sites paléolithiques en Australie. Le patron français remplira ses fonctions jusqu’à la nomination de son successeur ou jusqu’à la date du 31 mars prochain, a précisé la compagnie. Aussi, le chef de la division minerai de fer, Chris Salisbury, quittera la compagnie au 31 décembre et la cheffe de la communication, Simone Niven démissionnera de son poste. En août, Rio Tinto avait déjà  annoncé la réduction du montant des bonus versés à court terme à ces trois cadres dirigeants. Celui de Jean-Sébastien Jacques s’élevait jusqu’à 3 millions d’euros.

« Une faute qui ne devrait plus se reproduire »

C’est pour agrandir une mine de minerai de fer que le groupe anglo-australien avait détruit à l’explosif, le 24 mai dernier, la grotte de Juukan Gorge, en Australie occidentale, un des sites de peuplement les plus anciens du pays. « Ce qui s’est passé à Juukan était une faute et nous sommes déterminés à faire en sorte que la destruction d’un site patrimonial d’une importance archéologique et culturelle aussi exceptionnelle ne se reproduise jamais lors d’une opération de Rio Tinto. Nous sommes également déterminés à regagner la confiance des peuples Puutu Kunti Kurrama et Pinikura et d’autres propriétaires », a commenté le président de Rio Tinto, Simon Thompson.

« Nous avons écouté les préoccupations de nos actionnaires selon lesquels un manque de responsabilité individuelle compromet la capacité du Groupe à reconstruire cette confiance et à aller de l’avant pour mettre en œuvre les changements ciblés par le Conseil d’Administration », a ajouté le dirigeant.

Des milliers d’objets d’intérêt découverts sur le site

L’éviction de Sébastien Jacques, Chris Salisbury et Simone Niven est intervenue après une enquête interne du conseil d’administration. Celle-ci a montré que Rio Tinto avait bien obtenu les autorisations légales pour détruire le site mais que, ce faisant, le groupe n’avait pas respecté ses propres standards. Rio Tinto avait initialement défendu la destruction du site en affirmant qu’elle avait été approuvée par le gouvernement de l’État en 2013. Mais l’émoi créé au sein des responsables aborigènes avait poussé le groupe à présenter ses excuses.

L’importance culturelle du site avait été établie par des fouilles réalisées un an après que Rio Tinto eut obtenu l’autorisation de le détruire. Ces fouilles avaient permis de découvrir 7 000 objets d’intérêt, dont l’outil en os le plus ancien découvert à ce jour en Australie, réalisé il y a 28 000 ans avec un os de kangourou. Des analyses ADN avaient établi un lien entre le peuplement du site et des personnes habitant toujours dans la zone.

Suite à cette affaire, l’État d’Australie occidentale est en train de réexaminer les lois régissant les activités minières près des sites du patrimoine aborigène.

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