L'Elysée a annoncé qu'Emmanuel Macron refusera de toucher une pension spéciale de 6.225 euros bruts mensuels versée aux anciens présidents de la République.

Retraites : Macron refusera une pension de 6.000 euros après l’Elysée

 

L’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron refusera de toucher une pension spéciale de 6.225 euros bruts mensuels versée aux anciens présidents de la République. L’annonce a suscité de nombreuses réactions, alors que la mobilisation contre la retraite par points et la fin des régimes spéciaux se renforce.

Depuis le 5 décembre, les manifestations et les grèves s’enchaînent contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. C’est dans ce contexte que l’Elysée a annoncé que le chef de l’Etat a choisi de ne pas toucher une pension de 6.225 euros bruts mensuels versée aux anciens présidents de la République.

Ce n’est pas une véritable pension de retraite

L’article 19 de la loi du 3 avril 1955 prévoit d’attribuer aux anciens présidents de la République une dotation annuelle d’un montant égal à celui d’un conseiller d’Etat, soit 74.700 euros bruts par an, donc 6.225 par mois, assujettis à l’impôt. La moitié de cette pension est « réversible sur la tête de la veuve ou, en cas de décès, sur la tête des enfants jusqu’à leur majorité ». Mais il ne s’agit pas d’une véritable pension de retraite, puisque cette somme, prélevée sur le budget de l’Elysée, n’est pas financée par des cotisations.

Cette pension spéciale s’ajoute à la retraite que touche logiquement un ancien président, en fonction de ses activités professionnelles et mandats accomplis avant et après son passage à l’Elysée qui lui ouvrent des droits à la retraite, via des cotisations. Le chef de l’Etat cotise aussi pour sa retraite pendant qu’il est à l’Elysée, en cotisant sur sa rémunération présidentielle (de 15.140 euros bruts mensuels en 2019).

Les anciens présidents coûtent 5 millions d’euros par an à l’Etat

Les anciens présidents de la République encaissent par ailleurs une indemnité mensuelle de 13.500 euros nets, assujettie à l’impôt, car membres de droit à vie du Conseil constitutionnel. Emmanuel Macron a prévu de renoncer à ce droit, ce qui le priverait en tout de 19.725 euros bruts par mois à la fin de son mandat présidentiel.

En outre, les ex-présidents bénéficient de sept collaborateurs permanents pendant les cinq ans suivant leur départ de l’Elysée, puis trois à vie. Au total, les anciens chefs d’Etat français coûtent environ 5 millions d’euros par an à l’Etat (hors frais de sécurité).

« Un luxe que tout le monde ne peut pas se payer »

Selon Jean Garrigues, historien spécialiste de la Ve République, Macron « ne fait pas un sacrifice très important, car il est vraisemblable qu’après l’Elysée il retrouvera une profession qui lui permettra de toucher une retraite confortable ». Néanmoins, son geste s’inscrit « dans une dynamique, depuis quinze ans, de transparence et de renoncement à certains avantages des élites politiques ».

L’opposition se montre plus critique sur cet acte « de bonne foi » de Macron. Pour le secrétaire national du PCF et député Fabien Roussel, le geste du président français c’est « Un luxe que tout le monde ne peut pas se payer » car grassement rémunéré.

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