Procès Adidas : Bernard Tapie nie avoir vendu l’équipementier sous la menace d’une faillite

Au deuxième jour de son procès, ce mardi 12 mars 2019, Bernard Tapie a nié avoir vendu l’équipementier Adidas sous la menace d’une faillite. Au contraire, a-t-il prétendu, Adidas était l’affaire la plus facile à redresser. Il a aussi maintenu sa thèse selon laquelle le Crédit Lyonnais conspirait à le spolier.

« Ne racontez pas d’histoires, c’est incroyable, c’est une fiction ! »

Au deuxième jour de son procès qui durera jusqu’au 5 avril 2019, Bernard Tapie s’est effectivement posé en victime dans l’affaire de la vente de l’équipementier Adidas en 1993, comme l’avait prédit Benoît Chabert, l’avocat du Consortium de réalisation (CDR), partie civile aux côtés de l’Etat français. L’homme d’affaires de 76 ans a ainsi qualifié de fiction les accusations portées contre lui dans l’arbitrage controversé de 2008. « Ne racontez pas d’histoires, c’est incroyable, c’est une fiction ! », a-t-il déclaré, alors que son principal avocat, Me Hervé Témime, lui soufflait : « Ne parlez pas ! ».

Selon l’accusation, si l’ancien dirigeant de l’OM a vendu l’entreprise allemande, deux ans seulement après l’acquisition réalisée par une filiale du Crédit Lyonnais, c’est parce qu’il était au bord de la faillite. Faux, a répondu le concerné pour qui Adidas était « l’affaire la plus facile à redresser » de sa carrière puisqu’à l’époque c’était une « marque à la mode », promise à une forte valorisation. Bernard Tapie pointe plutôt du doigt le Crédit Lyonnais qui aurait usé d’un stratagème pour le spolier. C’est d’ailleurs la version qu’il réitère depuis plusieurs années.

Bernard Tapie jure n’avoir encaissé que 10% de la transaction

S’il y avait urgence à ses yeux, c’était sa nomination au poste de ministre de la Ville dans le Gouvernement de gauche de Pierre Bérégovoy. Il dit regretter aujourd’hui d’avoir accepté cette fonction qui ne cadre pas avec ses valeurs. Mais, « Un peu guidé par ma vanité et mes origines, quand on me propose d’être ministre, je n’hésite pas une seconde » a-t-il confié.

Au sujet des accusations selon lesquelles, il aurait pillé l’argent public, Bernard Tapie dit qu’il n’a encaissé que 10% de la transaction de 1993 : « [J’ai] encaissé près de trois milliards sur la transaction ; j’ai touché au moment de l’arbitrage 230 millions d’euros », déclare-t-il, presque la main sur le cœur.

Les autres prévenus dans ce procès

Bernard Tapie est jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie et détournement de fonds publics. Son principal complice dans cette affaire est le PDG d’Orange, Stéphane Richard, à l’époque directeur de cabinet de la ministre de l’Economie de Christine Lagarde. Les autres prévenus sont le juge Pierre Estoup, qui a rendu l’arbitrage favorable de 2008, l’ex avocat de Bernard Tapie Maurice Lantourne et les deux anciens gestionnaires du passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi et Bernard Scemama.

 

 

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