Une carte des Etats Unis.

Etats Unis : le droit à l’avortement prend un coup

 

La Cour suprême des Etats Unis a annulé vendredi l’arrêt emblématique « Roe v. Wade » de 1973. Ce qui qui signifie que désormais le droit à l’avortement se décidera au niveau fédéral. Le camp démocrate et les dirigeants occidentaux dénoncent une décision régressive pour la condition féminine, tandis que les élus républicains saluent le respect de la vie.

Dans une décision historique prise le vendredi 24 juin 2022, la Cour suprême des États-Unis a révoqué l’arrêt emblématique « Roe v. Wade » de 1973, qui garantissait le droit des Américaines à avorter. Cette décision ne rend pas illégales les interruptions de grossesse, mais elle donne le droit à chaque État d’autoriser ou non l’avortement. Evidemment, elle représente une victoire pour les religieux (évangélistes, protestants, catholiques, etc.) et les républicains conservateurs qui la réclament depuis longtemps.

Un mince espoir pour les démocrates

L’ex président américain Donald Trump, qui a œuvré à la nomination de juges conservateurs à la Cour suprême, a salué cette mesure et parlé de « volonté de Dieu ». Son vice-président Mike Pence s’est dit heureux que le droit à l’IVG a été « jeté aux oubliettes de l’Histoire ». Pour ce fervent chrétien évangélique, une nouvelle époque s’ouvre, celle du respect de la vie. Une conviction partagée par le Vatican.

Du côté des démocrates, c’est la consternation. A commencer par le président Joe Biden qui évoque « un jour triste pour la Cour suprême et le pays ». Selon lui, les Etats Unis ont fait un bon en arrière de 150 ans avec cette décision. Mais pour lui tout n’est pas perdu. Les Américains pourront changer la situation en votant massivement les représentants et sénateurs démocrates aux élections de mi-mandat en novembre prochain. « Ce n’est pas fini » renchérit sa vice-présidente Kamala Harris.

Des conséquences néfastes sur l’économie ?

A l’étranger, les voix se sont également élevées pour dénoncer la décision de la Cour suprême. Le président français Emmanuel Macron a déploré une attaque contre un « droit fondamental » et apporté sa solidarité aux femmes américaines. Pour sa part, le ministre britannique Boris Johnson, pourtant proche de Donald Trump, a évoqué « un grand pas en arrière » et un mauvais exemple pour le reste du monde. La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a parlé elle d’une décision qui « éloigne les Etats-Unis d’une tendance progressiste ».

De l’avis d’observateurs, l’annulation de l’arrêt « Roe v. Wade » devrait avoir des répercussions économiques sur les Etats Unis. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen avait déjà averti que cela augmentera la pauvreté puisque de nombreuses femmes ne pourront plus continuer leurs études et gagner correctement leur vie. Et si elles choisissent d’avorter, elles devront se rendre dans d’autres Etats. Ce qui n’est pas simple pour la plupart d’entre elles compte tenu du coût du voyage et de l’hébergement.

Sept Etats interdisent déjà l’IVG

Mais plusieurs entreprises américaines comme Disney ou Meta ont pris l’engagement de couvrir les frais de déplacement de leurs employées qui voudraient avorter dans un autre Etat plus conciliant. Elles pourraient ainsi s’exposer à des poursuites, voire à des sanctions pénales, de la part des autorités fédérales. Déjà, au moins 7 Etats ont interdit l’avortement le vendredi même. Parmi eux se trouvent le Missouri, l’Arkansas et l’Oklahoma. Plusieurs autres pourraient suivre dans les prochaines semaines.

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