Orange pris de court

La société de télécoms est contrainte de travailler plus tôt que prévu au remplacement de son PDG, Stéphane Richard, après la condamnation de ce dernier dans l’affaire Tapie.

Sacré Bernard Tapie ! Même depuis l’au-delà, il aura rendu la vie dure à plus d’un. Une de ses dernières victimes en date, une victime collatérale en l’occurrence, se trouve être Orange. L’opérateur télécoms est en effet obligé de parer au départ précipité de son patron Stéphane Richard à la suite de sa condamnation dans l’affaire incluant le Crédit Lyonnais et l’ancien propriétaire de l’Olympique de Marseille (OM).

Accusé à la fois de complicité de détournement de fonds publics et de complicité d’escroquerie, l’ex-énarque n’aura pas réussi à se faire totalement blanchir. Il échappe à une peine pour le second chef d’accusation, mais sa culpabilité a été reconnue par la cour d’appel de Paris pour la première accusation. Conséquence, le tribunal l’a condamné, mercredi 24 novembre, à un an d’emprisonnement avec sursis et 50 000 euros d’amende.

Verdict contesté

Pour l’intéressé alors « simple » directeur de cabinet de la ministre de l’Économie, Christine Lagarde normalement responsable de l’arbitrage polémique de 400 millions d’euros à l’avantage de Bernard Tapie, et objet de ce procès, l’addition est salée. Le verdict est interprété comme incompréhensible, mais surtout injuste. Car ses implications vont au-delà de la simple personne de Stéphane Richard.

Il contraint ce dernier à se retirer de la tête d’Orange plus tôt que prévu, soit quatre mois avant le terme de son mandat actuel. Le PDG de l’opérateur historique a en effet dû proposer, après la décision du tribunal, sa démission à son conseil d’administration qui l’a acceptée. Et pour cause, l’État français, actionnaire majoritaire du groupe à plus de 20%, avait prévenu le dirigeant qu’un verdict de culpabilité entraînerait sa chute. De fait, sa gouvernance qui devait en principe courir jusqu’à mai prochain prendra fin le 31 janvier. Au grand dam de Stéphane Richard qui prévoyait de demeurer président au-delà de 2022. Le gouvernement souhaitant désormais un bicéphalisme – président et directeur général – à la tête des entreprises dans lesquelles il dispose d’un droit de regard.

Tractations

C’est un départ sur la pointe des pieds pour le dirigeant sexagénaire. Il peut néanmoins se targuer d’avoir réussi à ressouder les liens entre Orange et le personnel au cours de ses dix ans de mandature, avec à la clé de bons résultats financiers.

Pour l’entreprise, l’heure est à la recherche d’un nouveau guide. L’état-major est actuellement mobilisé pour dénicher un nouveau président ainsi qu’un directeur général.

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