Sylvie Goulard passant en revue des troupes en 2017, alors ministre des armées

Commissaire européen : Macron désigne Sylvie Goulard au nom de la France

 

Emmanuel Macron a proposé mercredi Sylvie Goulard au poste de commissaire européen, au nom de la France. Cette ancienne ministre des armées et eurodéputée MoDem est sous-gouverneure à la Banque de France depuis janvier 2018. Selon l’Elysée, elle est le profil idéal, car polyglotte et expérimentée dans les relations européennes. Mais sa désignation fait déjà jaser, compte tenu de certaines affaires judiciaires la concernant.

L’Elysée vante les qualités de Sylvie Goulard

Avec un peu de retard, Emmanuel Macron a désigné mercredi au poste de commissaire européen Sylvie Goulard, ancienne ministre de la défense et eurodéputée, en remplacement du socialiste Pierre Moscovici. Actuellement sous-gouverneure à la Banque de France, cette ancienne Enarque de 54 ans est présentée comme une Européenne convaincue et une experte de l’Allemagne, où elle a fait une partie de ses études. «Sylvie Goulard dispose à la fois de l’expérience nécessaire et d’une vision. Elle a travaillé avec le président de la Commission européenne Romano Prodi. Elle a été élue eurodéputée. Elle est polyglotte (anglais, allemand, italien) et a participé à la rédaction du programme d’Emmanuel Macron à la présidentielle sur le volet européen. C’est une engagée de la première heure.», a fait valoir l’Elysée. « Nous sommes aujourd’hui à un moment critique, la France veut lancer un Acte II européen, pour avoir une Europe plus efficace et plus ambitieuse : le président voulait quelqu’un capable de porter ce changement », insiste une conseillère du chef de l’Etat. Sylvie Goulard devrait hériter d’un portefeuille lié au commerce, à la zone euro ou à la régulation financière.

Si l’Elysée trouve en Sylvie Goulard la parfaite candidate pour la France europhile, certaines voix s’élèvent depuis sa désignation pour dénoncer une attitude imprudente du président français. En effet, la candidate d’Emmanuel Macron pour la Commission européenne est toujours liée à une affaire judiciaire en cours, voire deux…

La candidate traîne des casseroles  

Nommée ministre des Armées en mai 2017, dans le premier gouvernement d’Edouard Philippe, Sylvie Goulard avait quitté son poste un mois plus tard dans le cadre de l’affaire d’emplois fictifs présumés des assistants des eurodéputés MoDem. Son départ, alors qu’aucune mise en examen n’avait été formulée, avait précipité ceux de François Bayrou et Marielle de Sarnez, également concernés par l’enquête. Le premier ne le lui pardonnera jamais.

Deuxième fausse notes dans son CV, la polémique sur son poste de « conseiller spécial » pour un think tank américain. Durant deux ans, alors qu’elle était eurodéputée, Sylvie Goulard a été rémunérée plus de 10 000 euros par mois pour ce job auprès de l’Institut Berggruen.

Fort de tes antécédents, un proche de Macron avertit : « Cette nomination va créer un blitz à Strasbourg [siège du Parlement européen], compte tenu de l’ambiance déontologique du moment ». Il dit ne pas comprendre l’entêtement du chef de l’Etat, alors que « Berggruen, c’est une affaire Fillon au carré, cela va provoquer une déflagration ». Un élu important du Parlement européen rappelle d’ailleurs que «Cette assemblée [la Commission européenne] est très tatillonne sur la transparence et l’éthique».

Sylvie Goulard prête à se défendre

Face à la polémique qui entoure sa désignation, Sylvie Goulard a indiqué : « Je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi ». Et elle en aura largement l’occasion, puisque la candidate devra passer le test des auditions au Parlement européen, un exercice difficile.

Il reviendra ensuite à Mme von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission, d’accepter ou non les dossiers soumis par les Etats membres puis d’attribuer aux candidats retenus un portefeuille dans l’équipe qui entrera en fonction le 1er novembre prochain. Elle est censée repartir les postes d’ici au 15 septembre. Le processus doit se conclure par le vote d’investiture du nouvel exécutif bruxellois le 22 octobre, pendant la session plénière du Parlement européen à Strasbourg.

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