Le constructeur chinois bénéficie du recul pour la deuxième année consécutive des ventes de son concurrent américain, longtemps resté le leader incontesté du secteur.
Pour la première fois, Tesla perd sa place de premier vendeur mondial de voitures électriques. Le géant américain fondé par Elon Musk a cédé sa couronne au constructeur chinois BYD, dont les ventes ont bondi de près de 28% en 2025, atteignant 2,26 millions d’unités.
Dans le même temps, la firme texane a vu ses immatriculations reculer à 1,64 million de véhicules, contre 1,79 million un an plus tôt. Ce repli se reflète dans la performance contrastée de l’entreprise sur plusieurs marchés.
Les ventes ont notamment chuté de 39% sur les onze premiers mois de 2025, avec une baisse de 37% en France, où seules 25 477 voitures de la marque ont été immatriculées. Ces chiffres confirment la perte de leadership d’un constructeur encore récemment perçu comme la locomotive mondiale de la mobilité électrique.
L’image d’Elon Musk, polarisante en raison de ses prises de position politiques, a contribué à fragiliser la marque. De nombreux consommateurs, en désaccord avec ses déclarations, semblent désormais se détourner de Tesla.
Tesla en perte de vitesse
Au-delà de l’image de son dirigeant et du contexte peu favorable pour l’automobile électrique sous l’administration Trump, Tesla fait face à une critique plus fondamentale concernant sa stratégie produit.
« Tesla semble avoir oublié la règle d’or de l’industrie automobile : on ne reste pas nouveau et excitant très longtemps. Tesla a eu des cycles de produits très longs et n’a pas introduit de nouvelles voitures aussi rapidement que ses concurrents, en particulier ses concurrents chinois« , observe Tim Pollard, expert du secteur automobile cité par la BBC.
Dans une industrie désormais dominée par l’innovation rapide, Tesla apparaît ainsi comme un acteur plus conservateur, figé dans des modèles vieillissants face à une concurrence de plus en plus offensive.
L’irrésistible ascension de BYD
À l’inverse, BYD mène depuis plusieurs années une stratégie d’expansion mondiale agressive, fondée sur des véhicules alliant technologies avancées et tarifs très compétitifs.
Cette équation prix-performance a permis au constructeur de Shenzhen de conquérir des marchés sur tous les continents, bouleversant les codes d’un secteur longtemps dominé par une offre haut de gamme destinée à une clientèle aisée. Pour faire face, Tesla tente de redéfinir son identité en se positionnant davantage comme une entreprise technologique misant sur l’intelligence artificielle, la robotique et la mobilité autonome.
Parmi ses projets phares figurent le robot humanoïde Optimus et le Cybercab, un véhicule sans volant censé incarner le futur du transport urbain. Ces innovations relèvent toutefois encore du pari industriel, même si le groupe assure que plusieurs centaines de milliers de ses véhicules pourraient circuler en autonomie complète aux États-Unis d’ici la fin de l’année.
