Michael O’Leary, trolleur professionnel

Le PDG de Ryanair connu pour son franc-parler et ses méthodes controversées, a récemment donné un aperçu de sa capacité d’autodérision lors d’un clash en ligne avec Elon Musk, un autre personnage qui n’a pas sa langue dans la poche.

Cette fois, Elon Musk semble être tombé sur plus coriace que lui, en la personne de Michael O’Leary, patron de Ryanair, première compagnie aérienne européenne depuis trois décennies.

Tout débute à la mi-janvier sur une radio irlandaise, où le dirigeant de 64 ans affirme ne pas vouloir recourir à Starlink, le fournisseur d’accès internet de l’entrepreneur américain, pour équiper ses avions en Wi-Fi.

Selon O’Leary, l’installation de la technologie de SpaceX coûterait jusqu’à 250 millions de dollars par an, une fois prise en compte la surconsommation de carburant liée à la traînée des antennes extérieures.

De plus, sur des vols court-courriers à bas prix, il juge invraisemblable que les passagers soient prêts à débourser 3 dollars supplémentaires pour se connecter. Quelques jours plus tard, l’équipe de communication de Ryanair enfonce le clou sur X, le réseau social appartenant justement à Musk.

« Un riche idiot »

Profitant d’une panne intervenue sur la plateforme, le compte officiel de la compagnie publie des messages sarcastiques du type : « À quelle propagande ne céderiez-vous pas ? Le Wi-Fi dans les avions » ou encore « Besoin de Wi-Fi ? Elon Musk ? ».

Relayées sur X par un admirateur de Tesla, ces piques finissent par atteindre Musk, qui réagit d’un sobre : O’Leary est « mal informé » sur le surcoût de carburant.

Le lendemain, le patron irlandais contre-attaque sur les ondes, qualifiant X de « cloaque » et Musk « d’idiot, très riche, mais toujours idiot », tout en le taxant d’ignorance en matière d’aéronautique et de traînée aérodynamique.

S’ensuit une joute verbale où Musk réplique en traitant O’Leary « d’idiot absolu » et en appelant à son renvoi. Il ironise même en promettant de racheter Ryanair pour y placer un PDG prénommé « Ryan », clin d’œil au cofondateur de la société, Tony Ryan.

Un provocateur né

Loin de se laisser impressionner, Ryanair riposte avec une offre promotionnelle intitulée « Pour gros idiots, dont Elon Musk », proposant des billets à prix cassés. O’Leary en rajoute une couche lors d’une conférence de presse spécialement consacrée au patron de SpaceX.

Comme le souligne le Wall Street Journal, cette séquence illustre à la perfection la stratégie du dirigeant : transformer chaque controverse en outil de communication.

L’épisode le plus emblématique remonte à 2023, lorsque des militants écologistes lui écrasent une tarte à la crème au visage. Loin de s’en offusquer, il se félicite d’une hausse de 6 % des réservations dans la foulée, preuve, selon lui, que le « bad buzz » booste davantage les ventes que la publicité classique.

En trois décennies, il a redressé la compagnie à coups de coupes budgétaires radicales, d’économies systématiques et de provocations médiatiques savamment orchestrées. En 2009, il va jusqu’à évoquer l’idée de faire payer une livre sterling l’accès aux toilettes à bord, avant de l’abandonner, invoquant, non sans ironie, des « raisons techniques ».

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